Mon premier livre distribué en Europe

Il y a un petit moment que je n’avais pas écrit de billet pour ce blog. Je suis toujours en train de mettre la touche finale à mon « draft » de ma version étoffée de «La meute». Parallèlement à ça, le NaNoWriMo s’ent vient à toute vitesse et j’ai l’impression que je ne suis pas prêt. Je compte prendre la seconde partie du mois d’octobre pour mieux mettre la table à mon prochain roman.

J’écrirai la première phrase de celui-ci le 1er novembre. J’en serai à ma première participation au NaNoWriMo. J’ai un sentiment mêlé d’excitation, d’anticipation, mais aussi de crainte de ne pas réussir. Lire la Suite…

Nous ne sommes plus infaillibles.

September 11, 2001 attacks in New York City: V...

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On a tous vu les images. On se rappelle évidemment cette triste journée, sombre, hallucinante, complètement démesurée. Dans les semaines, les mois, les années qui ont suivi, on a lu des témoignages, ces héros, pompiers, secouristes, employés et visiteurs du World Trade Center qui ont tenté de sauver des vies avant de perdre la leur. Que dire de ce film inédit des frères Naudet,témoins de première ligne de cette funeste journée. On a vu les reportages hystériques à RDI, LCN. Et dans les années qui ont suivi, on a vu, de loin, la guerre stupide que livrait l’occident aux oppresseurs en Afghanistan, puis en Irak.

« Jusqu’au 11 septembre 2011, j’avais toujours trouvé ça niaiseux et invraisemblable, de voir dans des films des gens qui ont envie de vomir *juste à cause d’un événement* ».

Je ne veux pas revenir sur tous ces écrits, ces documents audiovisuels impressionnants, car on les a tous vus et revus. Mais je me souviens, quelques semaines après les événements, d’avoir lu au bureau un numéro spécial du Reader’s Digest. Des gens normaux comme vous et moi y racontaient leur 11 septembre à eux, alors que tout était encore trop frais à la mémoire des sens. Maintenant onze ans plus tard, c’est à mon tour de mettre par écrit mon 11 septembre. Parce que je trouve qu’avec le temps, les émotions prennent un goût fade, le train-train quotidien banalise – tranquillement certes, mais banalise tout de même- ces horribles événements. Et j’aimerais être certain que mes souvenirs demeurent quelque part, pour quand je serai trop vieux que je souffrirai d’Alzheimer. J’aimerais pouvoir donner ma version des faits à mes petits-enfants. Lire la Suite…

5 idées de romans

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La fin des vacances

Voilà,  la rentrée des classes et la température automnale des derniers jours m’ont fait réaliser que l’été tirait à  sa fin. Voilà plusieurs semaines que j’avais pris une pause d’écriture sur chapitre/un. La raison (outre les vacances estivales) est bien simple: je travaille d’arrache-pied à mon roman «La meute». Inspiré par la nouvelle en sept jours du même nom, ce roman sera mon premier roman digne de ce nom. Pendant l’été j’ai enrichi mon texte original qui couvre maintenant une période plus vaste, allant du début du dix-neuvième siècle jusqu’aujourd’hui.

On y découvrira en plus la jeunesse de l’inspecteur Lagendron. Saviez-vous qu’avant de s’engager dans le corps policier il se vouait à une carrière apostolique? On le verra étudiant au grand séminaire de Québec. Es-t’il vraiment l’auteur des vols d’oeuvres d’art religieux qui sévissent depuis deux semaine dans la chapelle du séminaire? Et quel est ce secret gardé précieusement par le père supérieur  et qui pourrait compromettre en entier l’interprétation que l’Église a fait de l’errance de Jésus-Christ dans le désert? Lire la Suite…

Fedora: le réveil

Voici le troisième volet de cette courte nouvelle qui a débuté avec Fedora: le repos attendra pour le macchabé!

Hugues se précipitait vers le tiroir de sa commode. Les cheveux encore mouillés, tout comme la veille à la même heure, il n’avait qu’un peignoir pour lui couvrir le corps à sa sortie de la douche. Dans le miroir, la buée avait dévoilé un message, inscrit à la hâte avec le bout d’un doigt. Le message était, semblait-il, écrit par lui-même, comme un aide-mémoire. Il n’en avait pas le souvenir, mais il reconnaissait son propre style de mots et même la façon un peu comique qu’il avait de faire un rond autour de tous les points des i. Le message en lui-même était inquiétant : « Je suis blessé.  papier bleu tiroir ». Voilà pourquoi Hugues tenait à en savoir plus. Le papier qu’il trouva éveilla en lui des soupçons. C’était encore son écriture, et le papier était maculé de sang. « À moi de moi. Je saigne. Abondamment. Ursula crie. Ne veux pas aller à l’hôpital. Je veux me souvenir. Il me manque un doigt. ».

Hugues regarda ses mains, incrédule. Il n’en manquait aucune partie. Il n’avait mal nulle part. Mais alors qu’il allait jeter le papier et mettre tout ça sur le compte du surmenage, il y eut un éclair dans son esprit. Une mince fenêtre, une toute petite, qui lui remémora les événements de la  veille. Il se vit dans la cuisine, avec le hachoir à viande. Il s’était bien coupé le petit doigt. Mais visiblement, celui-ci avait réapparu. Hugues se retourna brusquement, mais ne vit rien. Au loin dans la rue, un chien jappa. Puis un autre, plus loin. Suivi immédiatement de plusieurs autres, toujours plus loin. C’est alors que la mémoire lui revint entièrement, d’un seul coup. Il bondit par la porte patio, descendit les escaliers en faisant des bons de géants, puis, une fois sur le trottoir, se mit à courir, pourchassant l’homme qui lui avait donnée sa fille et cet horrible chapeau, faisant japper dans son sillage tous ces chiens excités.

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L’homme au Fedora.

Voici la seconde partie de «Fedora». Pour voir l’origine de cette histoire et son évolution, voyez la démarche qui m’a poussé à l’écrire.


L’homme au Fedora.

C’était par un beau jour qui sentait bon l’hiver qu’Hugues, Charles et Patrice décidèrent de sécher leur cours. La neige des derniers jours avait annoncé la fin de l’automne et l’excitation qui précède l’arrivée de Noël était palpable chez tous les enfants. Tandis qu’une grosse Lincoln noire faillit les happer, les trois garçons se précipitèrent de plus belle, traversant la rue presqu’en sautant. Sitôt arrivé au trottoir, leurs trois paires de main se refermèrent sur la blanche pâte rendue collante par ce soleil encore marquant.

Le conducteur de la Lincoln fit un saut en entendant le choc de deux balles de neiges percuter sa vitre arrière, tandis que Patrice maugréait contre la douleur à l’épaule droite qui lui avait fait rater son tir. Pour le consoler, Charles lui envoya un bon coup directement sur sa blessure, le faisant lâcher un cri de surprise. Rapidement, Patrice bondit sur son ami, et en moins de deux les trois garçons étaient par terre, enchevêtrés les uns sur les autres dans un ramassis de mots répréhensibles qu’heureusement aucun adulte n’entendaient à l’instant présent.

Ils finirent par se relever et Patrice malaxa son épaule rendu raide et douloureuse par ce jeu. Un peu plus loin, une voiture klaxonna, tandis qu’un livreur à bicyclette lui envoyait un doigt d’honneur bien senti. Les trois enfants emboitèrent le pas au cycliste sur la rue Hadley, se dirigeant vers le parc où ils avaient bien l’intention de passer la matinée. La présence de deux camions de la voirie – et donc d’adultes-  près de l’entrée du parc les obligea à faire un détour par la rue Dubois, afin de pouvoir entrer par l’arrière du parc, là où il y avait les terrains de baseball.

 

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Fedora: le repos attendra pour le macchabée!

This screenshot shows Humphrey Bogart in a tre...

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La plupart des personnes ayant vécu une expérience de mort imminente décrivent avoir ressentie une grande paix intérieur. Une lumière au bout du tunnel, en quelques sortes, après cette vie terrestre sensorielle et désagréable, lourde de toutes ses conséquences. Les gens qui relatent cet événement affirment qu’ils n’avaient plus de ressentiment, plus de tristesse, juste un grand sentiment de calme, de sérénité.

Je me suis demandé ce qu’il pourrait bien arrivé si, à deux pas de la fin définitive de la vie, en plein cœur de cette expérience de mort imminente, un événement marquant venait ‘réveiller’ le macchabée.

Pour voir l’origine de cette histoire et son évolution, «Fedora», voyez la démarche qui m’a poussé à l’écrire.

Voici donc la première partie de Fedora – le repos attendra pour le macchabée.

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La meute – jour 7 et conclusion: La malédiction du moulin Chesniers.

Voici la septième et dernière partie de ce récit! Si vous avez manqué le début, pas de panique! Il est juste ici: La meute – jour 6: Les malheurs de Sophie.

1810. En une chaude journée d’automne, Hubert Chesniers fils revenait du bois avec son chien, un magnifique Terrier de quatre ans, tenant à la main trois grasses perdrix. Hubert Chesniers, père, le suivait quelques dix mètres derrière, les mains également pleines de ces savoureux volatiles.

Le plus jeune des deux Chesniers remarqua quelques pistes, s’accroupit, puis héla son père. Celui-ci s’accroupit aux côtés de son fils, puis releva les empreintes du loup. Cela faisait plus d’une semaine que ce loup rodait par ici. À en juger par la taille de ses empreintes, anormalement grosses, ce devait être un vieux loup, probablement chassé de sa meute à cause de son âge. Un loup âgé et seul a peu de chance de subsister. La force du loup est sa meute. Laissé à lui-même, il ne peut espérer chasser de grandes proies. Ce vieux loup rôdait donc depuis quelques temps aux abords de la ferme.

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La meute – jour 6: Les malheurs de Sophie

L’aventure du détective LaGendron est presque terminée! En attendant, si vous avez manqué le début, il est ici: https://chapitreun.files.wordpress.com/2010/10/300_wolf.jpgindex.php/2010/10/la-meute-jour-1-macabre-decouverte/

Personne ne savait que Sophie était enceinte. Lors de sa mort à cinq cent pieds à peine dans les airs, au moment même où son cœur flanchait, son bas ventre déversait dans les couvertures qui l’enveloppaient un flot visqueux et odorant, un mélange organique dans lequel nageait encore le foetus. Officiellement, l’on ne pouvait statuer que ce fut cet avortement naturel qui avait tué la jeune femme. Mais son horrible cri de mort avait causé l’accident d’hélicoptère. À Montréal comme à Québec, la presse tendit l’oreille sur cette histoire, et ne tarderait pas à en savoir davantage.

Écarquillant les yeux, le médecin légiste n’eut pas à chercher bien loin pour faire comprendre son trouble à l’inspecteur LaGendron. S’il est vrai qu’une image vaut mille mots, aucun ne venait à la bouche du sergent-détective. Devant lui, la masse noirâtre et humide ne correspondait pas à l’image qu’il s’était fait d’un fœtus. Il sortit de la poche de son veston une barre Mars, la déballa et l’avala en deux bouchées. Tournant d’un pas lent autour du plateau de métal, il ne pouvait s’empêcher de songer, non sans un peu d’humour noir, à quel point l’expression « fausse couche » était approprié en de pareilles circonstances. Le minuscule corps, tout replié sur lui-même, avaient les mêmes caractéristiques physiques que le géant de la photo et le chasseur suicidé. Déjà les poils de son postérieur recouvraient une partie de son minuscule organe géniteur. Lire la Suite…

La meute – jour 5: Équipe réduite.

Ce chapitre constitue le cinquième jour de l’enquête du sergent LaGendron concernant la mort suspecte de Simone Van Broonerg. Si vous avez manqué des épisodes, rendez-vous au début pour reprendre le fil de l’histoire : https://chapitreun.files.wordpress.com/2010/10/img_91291.jpgindex.php/2010/10/la-meute-jour-1-macabre-decouverte/.

 

Il approchait minuit lorsque Vincent et LaGendron rentrèrent au quartier général de la SQ, les traits tirés, l’air absent. Ils n’avaient pas échangé un mot sur tout le chemin du retour, et n’avaient pas plus remarqué que la lune était, encore, anormalement pleine – c’était le troisième jour consécutif qu’elle se refusait à diminuer. Seul leurs regards s’était croisés à une ou deux occasions, mais sans qu’aucun n’osent exprimer à voix haute ses pensées. Maintenant, la lumière des gyrophares qui les avaient suivis sur quelques kilomètres se perdaient sur leur droite. La loi ne permettait pas d’arrêter un homme parce que son poil pubien est trop fourni. La loi ne permettait pas de tuer un homme sous prétexte que ce n’en est pas un. Aucune loi n’a jamais été pensée pour de telles circonstances. Mais parfois l’homme lui-même trouve la force de régler ce qui est contre nature, lorsqu’il en est conscient et qu’il ne peut simplement pas l’accepter.

Ils quittèrent rapidement le bâtiment gouvernemental, toujours sans échanger un mot, chacun se demandant si l’autre allait être là le lendemain. Et leur nuit fut peuplée de mauvais rêves. Mais le matin suivant,  ils étaient tous deux fidèles au poste pour le meeting organisationnel. Le visage pâle et fatigué, les yeux cernés, LaGendron jeta un regard circulaire sur l’ensemble de l’équipe, pris une grande respiration et expliqua les derniers événements. Il offrit ensuite la possibilité à chacun de se retirer du dossier s’il en avait envie. Aucun n’accepta cette offre, et cela lui donna du courage. Lire la Suite…

La meute – jour 4: De ces chasseurs qui disparaissent comme ça parfois, sans laisser de trace.

Voici la suite de l’aventure du détective LaGendron. Si vous avez manqué les jour précédents, l’histoire débute ici: https://chapitreun.files.wordpress.com/2010/10/roxdevils111.jpgindex.php/2010/10/la-meute-jour-1-macabre-decouverte/

Le cliché fit le tour de la table lentement. Très lentement. Vincent, comme les autres, ne trouvait mot à dire. Le silence lourd et opaque qui régnait dans la pièce était évocateur. L’on n’avait rien pu retirer de l’identité du chasseur présent aux côtés de l’homme sur la photo. L’on pu cependant assumer qu’aux moins une série des empreintes de pieds nus relevées sur le sol spongieux du boisé pouvait correspondre aux pieds de l’homme nu. Maintenant qu’il apparaissait en entier sur la photo, l’on pouvait juger de sa taille imposante. Il devait faire facilement dans les sept pieds et demi ou plus. Et dans cette posture, l’on voyait bien sa difformité. Ses jambes, longues, maigres, anormalement ployés faisait peur. Sa nuque était allongée, son échine dorsale semblait trop grosse pour son corps. Ses chevilles étaient anormalement « animales ». C’est Sophie qui employa ce qualificatif, et il fut adopté ensuite par l’ensemble de l’équipe.

Cet homme n’était pas un homme. Il faisait peur. Il n’existait pas. L’on discuta longuement sur ces origines possibles. Fantôme. Esprit. Génie des bois. Une sorte de Wendigo? Le malaise s’installait parmi les membres de l’équipe. Les chaises, devenues inconfortables, se dandinaient sous les fessiers. Un claquement de porte dans le bureau voisin les fit tous sursauter comme des marionnettes. Le souffle court, LaGendron parvint à calmer ses esprits et à reprendre un discours rationnel. Il fit alors ce qu’il faisait le mieux, organiser ses effectifs.

Sophie passerait la journée à analyser plus en profondeur les différents clichés, tandis que trois autres policiers devaient aller effectuer d’autres fouilles dans le boisé derrière le chalet.

Vincent devait quant à lui chercher dans les archives les rapports de polices et toutes autres sources d’informations, des traces de disparitions récentes de chasseurs. Si un chasseur avait été porté disparu – ou retrouvé mort – dans les environs, LaGendron voulait le savoir.

Ce dernier décida de retourner au laboratoire afin d’examiner une fois de plus le cadavre de Simone Van Broonberg, mais cette dernière n’avait plus rien à dévoiler. Alors qu’il s’apprêtait à quitter la pièce froide, il entendit  son téléphone portable se manifester, le sortit de sa poche, regarda le minuscule écran et constata que Vincent n’avait pas perdu son temps. Lire la Suite…