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Fedora: le réveil

Voici le troisième volet de cette courte nouvelle qui a débuté avec Fedora: le repos attendra pour le macchabé!

Hugues se précipitait vers le tiroir de sa commode. Les cheveux encore mouillés, tout comme la veille à la même heure, il n’avait qu’un peignoir pour lui couvrir le corps à sa sortie de la douche. Dans le miroir, la buée avait dévoilé un message, inscrit à la hâte avec le bout d’un doigt. Le message était, semblait-il, écrit par lui-même, comme un aide-mémoire. Il n’en avait pas le souvenir, mais il reconnaissait son propre style de mots et même la façon un peu comique qu’il avait de faire un rond autour de tous les points des i. Le message en lui-même était inquiétant : « Je suis blessé.  papier bleu tiroir ». Voilà pourquoi Hugues tenait à en savoir plus. Le papier qu’il trouva éveilla en lui des soupçons. C’était encore son écriture, et le papier était maculé de sang. « À moi de moi. Je saigne. Abondamment. Ursula crie. Ne veux pas aller à l’hôpital. Je veux me souvenir. Il me manque un doigt. ».

Hugues regarda ses mains, incrédule. Il n’en manquait aucune partie. Il n’avait mal nulle part. Mais alors qu’il allait jeter le papier et mettre tout ça sur le compte du surmenage, il y eut un éclair dans son esprit. Une mince fenêtre, une toute petite, qui lui remémora les événements de la  veille. Il se vit dans la cuisine, avec le hachoir à viande. Il s’était bien coupé le petit doigt. Mais visiblement, celui-ci avait réapparu. Hugues se retourna brusquement, mais ne vit rien. Au loin dans la rue, un chien jappa. Puis un autre, plus loin. Suivi immédiatement de plusieurs autres, toujours plus loin. C’est alors que la mémoire lui revint entièrement, d’un seul coup. Il bondit par la porte patio, descendit les escaliers en faisant des bons de géants, puis, une fois sur le trottoir, se mit à courir, pourchassant l’homme qui lui avait donnée sa fille et cet horrible chapeau, faisant japper dans son sillage tous ces chiens excités.

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L’homme au Fedora.

Voici la seconde partie de «Fedora». Pour voir l’origine de cette histoire et son évolution, voyez la démarche qui m’a poussé à l’écrire.


L’homme au Fedora.

C’était par un beau jour qui sentait bon l’hiver qu’Hugues, Charles et Patrice décidèrent de sécher leur cours. La neige des derniers jours avait annoncé la fin de l’automne et l’excitation qui précède l’arrivée de Noël était palpable chez tous les enfants. Tandis qu’une grosse Lincoln noire faillit les happer, les trois garçons se précipitèrent de plus belle, traversant la rue presqu’en sautant. Sitôt arrivé au trottoir, leurs trois paires de main se refermèrent sur la blanche pâte rendue collante par ce soleil encore marquant.

Le conducteur de la Lincoln fit un saut en entendant le choc de deux balles de neiges percuter sa vitre arrière, tandis que Patrice maugréait contre la douleur à l’épaule droite qui lui avait fait rater son tir. Pour le consoler, Charles lui envoya un bon coup directement sur sa blessure, le faisant lâcher un cri de surprise. Rapidement, Patrice bondit sur son ami, et en moins de deux les trois garçons étaient par terre, enchevêtrés les uns sur les autres dans un ramassis de mots répréhensibles qu’heureusement aucun adulte n’entendaient à l’instant présent.

Ils finirent par se relever et Patrice malaxa son épaule rendu raide et douloureuse par ce jeu. Un peu plus loin, une voiture klaxonna, tandis qu’un livreur à bicyclette lui envoyait un doigt d’honneur bien senti. Les trois enfants emboitèrent le pas au cycliste sur la rue Hadley, se dirigeant vers le parc où ils avaient bien l’intention de passer la matinée. La présence de deux camions de la voirie – et donc d’adultes-  près de l’entrée du parc les obligea à faire un détour par la rue Dubois, afin de pouvoir entrer par l’arrière du parc, là où il y avait les terrains de baseball.

 

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Fedora: le repos attendra pour le macchabée!

This screenshot shows Humphrey Bogart in a tre...

Image via Wikipedia

La plupart des personnes ayant vécu une expérience de mort imminente décrivent avoir ressentie une grande paix intérieur. Une lumière au bout du tunnel, en quelques sortes, après cette vie terrestre sensorielle et désagréable, lourde de toutes ses conséquences. Les gens qui relatent cet événement affirment qu’ils n’avaient plus de ressentiment, plus de tristesse, juste un grand sentiment de calme, de sérénité.

Je me suis demandé ce qu’il pourrait bien arrivé si, à deux pas de la fin définitive de la vie, en plein cœur de cette expérience de mort imminente, un événement marquant venait ‘réveiller’ le macchabée.

Pour voir l’origine de cette histoire et son évolution, «Fedora», voyez la démarche qui m’a poussé à l’écrire.

Voici donc la première partie de Fedora – le repos attendra pour le macchabée.

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