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Retour au temps de nos ancêtres

Il y a quelques jours, je recherchais ici et là quelques articles ou textes que j’avais écris par le passé. Il s’avère que j’ai retrouvé celui-ci, que j’avais écris sur facebook et sur mon premier blog en juin 2008. Cela semble faire une éternité. Le prix de l’essence était alors dans les 1,40$ le litre et continuait de grimper. Près de l’endroit où j’habite, il y a de nombreuses fermes, et nous allons parfois en bicyclette faire une courte promenade et regarder chevaux et vaches. Ça m’a redonné envie de partager ce texte, qui m’avait été inspiré d’une chronique radiophonique de l’analyste économique René Vézina.


16 juin 2008.

Il y a quelques temps, l’économiste René Vézina parlait à la radio de la récente flambée du prix du pétrole, hausse largement propulsée par les jeux des spéculateurs, et de la capacité du marché à absorber une telle inflation subite. Il a lancé l’idée qu’une hausse trop prononcée et trop rapide ne pourrait pas être supportée par le marché boursier, et que celui-ci, tout naturellement, s’effondrerait. La crise bien sûr serait énorme. Cependant, M. Vézina a emmené l’idée que la société humaine ne s’en sortirait pas si mal tout compte fait, et que l’on pourrait assister à un retour des bêtes de somme.

L’idée, bien que farfelue à prime abord, a fait son chemin. Si la majorité des agriculteurs ne pouvait plus supporter les coûts des opérations et du carburant pour leurs machineries, ils n’iraient pas tous déclarer faillite du jour au lendemain, car ces gens là ont besoin, comme tout le monde, de gagner leur vie. Progressivement, le cheval de trait comme le boeuf regagnerait sa place d’honneur dans nos champs. Bien entendu, actuellement ce serait du suicide commercial que de se remettre aux bêtes. Pourtant, lorsque 20,30, 40% des agriculteurs ne pourraient plus supporter les coûts énergétiques, il y aurait là bel et bien un enjeu économique, et la société en général ne s’en sortirait pas trop mal, du moins après quelques temps, le temps nécessaire au marché pour se réadapter.

Maintenant, au Québec, depuis 2001, nous assistons à un petit baby-boom. Rien de comparable à l’énergétique baby-boom d’après guerre, mais quand même. Depuis 7 ans donc, les naissances sont en hausse, au total, mais aussi le nombre d’enfants par famille. Hausse principalement due aux nouveaux arrivants, mais pas uniquement grâce à eux. Les pronostiques s’annoncent également prometteurs pour les deux prochaines décennies au Québec et en Ontario.

Avec le problème contant des places limitées en garderie, le gouvernement prévoit que d’ici 5 à 7 ans, les nouveaux bébés devront passer leur petite enfance au domicile familial. Pas facile compte tenu du contexte social actuel où la femme a, à juste titre par ailleurs, repris une place importante sur le marché du travail.

Toutes ces conjonctures m’ont fait penser à quelques idées intéressantes.
Et si nous étions privilégiés en ce moment? Privilégiés de voir, de vivre, et surtout d’être conscient, d’une tournure dans l’histoire? Une espèce de retour aux sources, tout droit vers l’époque de nos aïlleux?

Si dans un quart de siècle, l’odeur de fumier bien frais emplissait nos narines en Mauricie, en Montérégie, dans Lanaudière, dans les bois-francs, au lieu de l’odeur pétrolifère du carburant organique? Si nos femmes et les femmes de nos fils, si nos frères et les fils de ceux-ci décidaient, par obligation peut-être, de rester à la maison, de travailler la terre? Si les enfants redécouvraient le plaisir de jouer avec leurs frères et sœurs. Si l’époque vers laquelle nous nous dirigeons nous obligeait à revoir complètement notre mode de vie. Fini les Wallmart, les cinémas maisons, les Hummers. Fini les mobylettes, vive la bicyclette, le cheval, le poney, les calèches!

Si un crash économique nous forçait, pour survivre, à éliminer de nos vies les artifices de la vie à crédit que nous connaissons. Et puis fini internet! Qui aurait les moyens de se payer le haute-vitesse! Achetons plumes et papiers, redécouvrons le bonheur de prendre le temps d’écrire!

Bien sûr, ce n’est pas demain la veille que cela se produira. Mais peut-être en sommes-nous les acteurs actuels, qui inconsciemment sommes en train d’entrer en coulisses, cherchant le costume le plus approprié. Face à une telle image, je crois que le mieux à souhaiter est que tout le monde s’achète dès maintenant de gros véhicules V8 surpuissants, un sea-doo, un fifth-wheel! Brûlons les réserves de pétroles au plus vite et sans ménagement! Vite, que l’on soit rapidement obligé de ralentir et de constater notre gâchis!