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Créer des personnages

Lorsque j’entrepris de bloguer ici sur Chapitre/un, j’avais l’intention de documenter toutes ces idées d’histoires qui me passaient par la tête, dans le but avoué de les développer ultérieurement.

J’ai délaissé l’écriture depuis trop longtemps, et je me rends compte à quel point ça me manque d’écrire, d’inventer des histoires, de créer des personnages.

Les personnages, ce sont les moteurs de toutes les histoires. Si certains auteurs font de lieux leurs personnages principaux (Sarum, The Forest, Russka), ce qui me plait davantage est de créer des identités complète. Donner une vie, un passé, un vécu à mes personnages.

J’ai souvent dit que le chapitre un d’une histoire n’est pas nécessairement son commencement. Souvent, mon processus de création se met en oeuvre par la création d’un personnage. Je vois quelqu’un dans la rue, au restaurant ou sur le chemin vers l’école pour y chercher mon fils, et dans ma tête je m’en inspire pour imaginer l’acteur d’un chapitre ou d’un bout d’histoire. Puis, autour de ce personnage, je lui forge une vie, des souvenirs, et une histoire qui surgit.

Faire naître un personnage du bout des doigts, c’est un des grands plaisirs d’écrire. Si le personnage est attachant, on s’y accroche et on se l’imagine d’ores et déjà dans une foule de situations.

Si au contraire il ne m’accroche pas tant que cela, j’essaie d’en cerner la raison. Il y a du bon dans chaque personnage; il suffit de bien le cadrer. Tous les personnages ne peuvent pas être des héros. Il y a de ces personnages qui sont là, vivants pendant quelques pages, que pour ajouter de la texture ou de la couleur à l’ensemble. Ils sont aussi importants que les personnages principaux, même s’ils n’en tirent pas le mérite qu’ils devraient.

J’ai d’ailleurs toujours été fasciné par les scripteurs qui parviennent à insérer un personnage qui ne semble pas pertinent à la trame centrale de l’histoire, mais qui sert de colle et de lien entre tous les événements ou les personnages principaux. David Crane et Marta Kauffman sont deux auteurs exemplaires, qui ont su faire ce tour de force dans une centaine d’épisodes de la célèbre télé-série Friends.

J’ai souvent caressé le rêve de me créer une banque de personnages. Il me manque la discipline, mais je n’abandonne pas l’idée. Noter dans un répertoire les personnages qui passent par mon imagination. Leur donner la chance de se faire valoir. Les faire évoluer, chaque fois qu’une pensée me rapporte à eux.

Cette semaine, tandis que je me remettais à l’écriture sur une terrasse ensoleillée, une grande blonde qui passait par là m’a inspiré un personnage: une auteure menant une double vie. Cette auteure-là m’a donné un gros coup de pied au derrière pour me remettre à écrire! Et je suis déterminé à m’y remettre sérieusement maintenant, presqu’en courant! Merci!

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Nanowrimo 2011: décollage réussi!

Hitman

«Je m’appelle Mathieu, et je suis un tueur à gages. Je m’appelle aussi Steve, Patrick, Rashim, Mark, Thomas, Abdul, Silvester ou Audrey s’il le faut. Je suis le meilleur tueur à gage de tous les temps.»

J’en avais parlé un peu cet été. Maintenant c’est chose faite, je participe au Nanowrimo 2011, cette course folle où l’objectif est de rédiger une ébauche (draft) de 50,000 mots d’un roman en 30 jours.

J’avais essayé de me pratiquer au moi de mai dernier, et mon résultat avait été lamentable. Moins de 18,000 mots en 30 jours. Il faut dire que je testais cela sur une histoire déjà en cours. L’imagination n’était pas au rendez-vous, car je me cloisonnais dans un décor trop familier.

Maintenant c’est différent. Mon histoire est dans ma tête depuis au moins deux ans. Et me voilà à en jeter les premiers jets sur l’écran de l’ordinateur.

Nous sommes le 3 novembres, et mon total de mot est passé la barre des 8,000. Ça va très bien jusqu’ici. Durant le mois d’octobre, je me suis préparé. J’ai construit un blueprint de mon histoire, avec un titre pour chaque scène. Je me suis fait des points de repères, mais je n’ai pas voulu trop expliciter les personnages, les scènes, les lieux: je voulais laisser le droit à mon imaginaire de vagabonder.

Il parait que la deuxième semaine du Nanowrimo est la plus difficile: découragement, blocage, fatigue, etc. On verra bien. Une chose certaine, je n’ai complété que 3 de mes 50 scènes planifiées. Si je ne perds pas courage, je suis bon pour un draft d’au moins 80,000 mots.

Et en décembre, je ne voudrai certainement ni lire ni écrire, j’aurais certainement une écoeurantite aigue! Mais ça en aura valu la peine!

À suivre!

Mon premier livre distribué en Europe

Il y a un petit moment que je n’avais pas écrit de billet pour ce blog. Je suis toujours en train de mettre la touche finale à mon « draft » de ma version étoffée de «La meute». Parallèlement à ça, le NaNoWriMo s’ent vient à toute vitesse et j’ai l’impression que je ne suis pas prêt. Je compte prendre la seconde partie du mois d’octobre pour mieux mettre la table à mon prochain roman.

J’écrirai la première phrase de celui-ci le 1er novembre. J’en serai à ma première participation au NaNoWriMo. J’ai un sentiment mêlé d’excitation, d’anticipation, mais aussi de crainte de ne pas réussir. Lire la Suite…

Nous ne sommes plus infaillibles.

September 11, 2001 attacks in New York City: V...

Image via Wikipedia

On a tous vu les images. On se rappelle évidemment cette triste journée, sombre, hallucinante, complètement démesurée. Dans les semaines, les mois, les années qui ont suivi, on a lu des témoignages, ces héros, pompiers, secouristes, employés et visiteurs du World Trade Center qui ont tenté de sauver des vies avant de perdre la leur. Que dire de ce film inédit des frères Naudet,témoins de première ligne de cette funeste journée. On a vu les reportages hystériques à RDI, LCN. Et dans les années qui ont suivi, on a vu, de loin, la guerre stupide que livrait l’occident aux oppresseurs en Afghanistan, puis en Irak.

« Jusqu’au 11 septembre 2011, j’avais toujours trouvé ça niaiseux et invraisemblable, de voir dans des films des gens qui ont envie de vomir *juste à cause d’un événement* ».

Je ne veux pas revenir sur tous ces écrits, ces documents audiovisuels impressionnants, car on les a tous vus et revus. Mais je me souviens, quelques semaines après les événements, d’avoir lu au bureau un numéro spécial du Reader’s Digest. Des gens normaux comme vous et moi y racontaient leur 11 septembre à eux, alors que tout était encore trop frais à la mémoire des sens. Maintenant onze ans plus tard, c’est à mon tour de mettre par écrit mon 11 septembre. Parce que je trouve qu’avec le temps, les émotions prennent un goût fade, le train-train quotidien banalise – tranquillement certes, mais banalise tout de même- ces horribles événements. Et j’aimerais être certain que mes souvenirs demeurent quelque part, pour quand je serai trop vieux que je souffrirai d’Alzheimer. J’aimerais pouvoir donner ma version des faits à mes petits-enfants. Lire la Suite…

La meute – jour 7 et conclusion: La malédiction du moulin Chesniers.

Voici la septième et dernière partie de ce récit! Si vous avez manqué le début, pas de panique! Il est juste ici: La meute – jour 6: Les malheurs de Sophie.

1810. En une chaude journée d’automne, Hubert Chesniers fils revenait du bois avec son chien, un magnifique Terrier de quatre ans, tenant à la main trois grasses perdrix. Hubert Chesniers, père, le suivait quelques dix mètres derrière, les mains également pleines de ces savoureux volatiles.

Le plus jeune des deux Chesniers remarqua quelques pistes, s’accroupit, puis héla son père. Celui-ci s’accroupit aux côtés de son fils, puis releva les empreintes du loup. Cela faisait plus d’une semaine que ce loup rodait par ici. À en juger par la taille de ses empreintes, anormalement grosses, ce devait être un vieux loup, probablement chassé de sa meute à cause de son âge. Un loup âgé et seul a peu de chance de subsister. La force du loup est sa meute. Laissé à lui-même, il ne peut espérer chasser de grandes proies. Ce vieux loup rôdait donc depuis quelques temps aux abords de la ferme.

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La meute – jour 6: Les malheurs de Sophie

L’aventure du détective LaGendron est presque terminée! En attendant, si vous avez manqué le début, il est ici: https://chapitreun.files.wordpress.com/2010/10/300_wolf.jpgindex.php/2010/10/la-meute-jour-1-macabre-decouverte/

Personne ne savait que Sophie était enceinte. Lors de sa mort à cinq cent pieds à peine dans les airs, au moment même où son cœur flanchait, son bas ventre déversait dans les couvertures qui l’enveloppaient un flot visqueux et odorant, un mélange organique dans lequel nageait encore le foetus. Officiellement, l’on ne pouvait statuer que ce fut cet avortement naturel qui avait tué la jeune femme. Mais son horrible cri de mort avait causé l’accident d’hélicoptère. À Montréal comme à Québec, la presse tendit l’oreille sur cette histoire, et ne tarderait pas à en savoir davantage.

Écarquillant les yeux, le médecin légiste n’eut pas à chercher bien loin pour faire comprendre son trouble à l’inspecteur LaGendron. S’il est vrai qu’une image vaut mille mots, aucun ne venait à la bouche du sergent-détective. Devant lui, la masse noirâtre et humide ne correspondait pas à l’image qu’il s’était fait d’un fœtus. Il sortit de la poche de son veston une barre Mars, la déballa et l’avala en deux bouchées. Tournant d’un pas lent autour du plateau de métal, il ne pouvait s’empêcher de songer, non sans un peu d’humour noir, à quel point l’expression « fausse couche » était approprié en de pareilles circonstances. Le minuscule corps, tout replié sur lui-même, avaient les mêmes caractéristiques physiques que le géant de la photo et le chasseur suicidé. Déjà les poils de son postérieur recouvraient une partie de son minuscule organe géniteur. Lire la Suite…

La meute – jour 5: Équipe réduite.

Ce chapitre constitue le cinquième jour de l’enquête du sergent LaGendron concernant la mort suspecte de Simone Van Broonerg. Si vous avez manqué des épisodes, rendez-vous au début pour reprendre le fil de l’histoire : https://chapitreun.files.wordpress.com/2010/10/img_91291.jpgindex.php/2010/10/la-meute-jour-1-macabre-decouverte/.

 

Il approchait minuit lorsque Vincent et LaGendron rentrèrent au quartier général de la SQ, les traits tirés, l’air absent. Ils n’avaient pas échangé un mot sur tout le chemin du retour, et n’avaient pas plus remarqué que la lune était, encore, anormalement pleine – c’était le troisième jour consécutif qu’elle se refusait à diminuer. Seul leurs regards s’était croisés à une ou deux occasions, mais sans qu’aucun n’osent exprimer à voix haute ses pensées. Maintenant, la lumière des gyrophares qui les avaient suivis sur quelques kilomètres se perdaient sur leur droite. La loi ne permettait pas d’arrêter un homme parce que son poil pubien est trop fourni. La loi ne permettait pas de tuer un homme sous prétexte que ce n’en est pas un. Aucune loi n’a jamais été pensée pour de telles circonstances. Mais parfois l’homme lui-même trouve la force de régler ce qui est contre nature, lorsqu’il en est conscient et qu’il ne peut simplement pas l’accepter.

Ils quittèrent rapidement le bâtiment gouvernemental, toujours sans échanger un mot, chacun se demandant si l’autre allait être là le lendemain. Et leur nuit fut peuplée de mauvais rêves. Mais le matin suivant,  ils étaient tous deux fidèles au poste pour le meeting organisationnel. Le visage pâle et fatigué, les yeux cernés, LaGendron jeta un regard circulaire sur l’ensemble de l’équipe, pris une grande respiration et expliqua les derniers événements. Il offrit ensuite la possibilité à chacun de se retirer du dossier s’il en avait envie. Aucun n’accepta cette offre, et cela lui donna du courage. Lire la Suite…

La meute – jour 4: De ces chasseurs qui disparaissent comme ça parfois, sans laisser de trace.

Voici la suite de l’aventure du détective LaGendron. Si vous avez manqué les jour précédents, l’histoire débute ici: https://chapitreun.files.wordpress.com/2010/10/roxdevils111.jpgindex.php/2010/10/la-meute-jour-1-macabre-decouverte/

Le cliché fit le tour de la table lentement. Très lentement. Vincent, comme les autres, ne trouvait mot à dire. Le silence lourd et opaque qui régnait dans la pièce était évocateur. L’on n’avait rien pu retirer de l’identité du chasseur présent aux côtés de l’homme sur la photo. L’on pu cependant assumer qu’aux moins une série des empreintes de pieds nus relevées sur le sol spongieux du boisé pouvait correspondre aux pieds de l’homme nu. Maintenant qu’il apparaissait en entier sur la photo, l’on pouvait juger de sa taille imposante. Il devait faire facilement dans les sept pieds et demi ou plus. Et dans cette posture, l’on voyait bien sa difformité. Ses jambes, longues, maigres, anormalement ployés faisait peur. Sa nuque était allongée, son échine dorsale semblait trop grosse pour son corps. Ses chevilles étaient anormalement « animales ». C’est Sophie qui employa ce qualificatif, et il fut adopté ensuite par l’ensemble de l’équipe.

Cet homme n’était pas un homme. Il faisait peur. Il n’existait pas. L’on discuta longuement sur ces origines possibles. Fantôme. Esprit. Génie des bois. Une sorte de Wendigo? Le malaise s’installait parmi les membres de l’équipe. Les chaises, devenues inconfortables, se dandinaient sous les fessiers. Un claquement de porte dans le bureau voisin les fit tous sursauter comme des marionnettes. Le souffle court, LaGendron parvint à calmer ses esprits et à reprendre un discours rationnel. Il fit alors ce qu’il faisait le mieux, organiser ses effectifs.

Sophie passerait la journée à analyser plus en profondeur les différents clichés, tandis que trois autres policiers devaient aller effectuer d’autres fouilles dans le boisé derrière le chalet.

Vincent devait quant à lui chercher dans les archives les rapports de polices et toutes autres sources d’informations, des traces de disparitions récentes de chasseurs. Si un chasseur avait été porté disparu – ou retrouvé mort – dans les environs, LaGendron voulait le savoir.

Ce dernier décida de retourner au laboratoire afin d’examiner une fois de plus le cadavre de Simone Van Broonberg, mais cette dernière n’avait plus rien à dévoiler. Alors qu’il s’apprêtait à quitter la pièce froide, il entendit  son téléphone portable se manifester, le sortit de sa poche, regarda le minuscule écran et constata que Vincent n’avait pas perdu son temps. Lire la Suite…

La meute – jour 3: l’homme nu.

Ce chapitre constitue le troisième jour consécutif de l’enquête du sergent LaGendron concernant la mort d’une vieille femme, morte de peur.  Si vous avez manqué des épisodes, rendez-vous au début pour reprendre le fil de l’histoire : https://chapitreun.files.wordpress.com/2010/10/dreamstime_23107301.jpgindex.php/2010/10/la-meute-jour-1-macabre-decouverte/.

 

Cette troisième journée d’enquête fut toute orientée vers l’arrière du chalet et  envers l’homme apparaissant sur la photo. La photo fit l’objet d’une analyse poussée afin de valider son authenticité. Cela ne faisait aucun doute, mais le protocole en pareilles circonstances commandait cette vérification. Les cas  » d’apparitions  » au Québec – comme partout ailleurs – ne sont pas nouveaux, mais relève plus du folklore que de quelconques réalités scientifiques ou métaphysiques.

L‘on décortiqua l’homme sur la photo afin d’en faire une analyse forensique, permettant d’en tirer des traits mathématiques, qui, par la suite, faciliterait son identification dans les différentes bases de données. Or, il apparut très vite que quelque chose clochait avec cet homme, outre le fait qu’il s’agissait selon toute apparence d’un fantôme. Mathématiquement parlant, ses proportions ne correspondaient pas à un humain. Bien que sur la photo cela ne se voyait pas du premier coup d’œil, la longueur de ses bras était beaucoup trop longue par rapport à son cou, par exemple. Et son cou était bien trop mince pour supporter une tête aussi haute. Ses doigts, et en particulier ceux de sa main gauche qui pointait derrière lui vers la forêt, était décharnés, maigres et longs. Ses phalanges aussi étaient disproportionnées. Son sourire avait trop de dents. Lire la Suite…

La meute – Jour 2: "Le floating man"

Voici la suite de la première partie ( La meute – Jour 1: macabre découverte ).

La nuit fut trop courte pour l’équipe de l’enquêteur. Tous se réunirent dès sept heures le lendemain matin pour faire le point et échanger leur planification des heures à venir. Vincent, maintenant remis de ses émotions de la veille, se leva, puis fit le tour de la salle de conférence en relatant une fois de plus la découverte de la défunte par la vitre arrière du chalet. La salle, confortable et chaude, sentait bon le café frais, et avait un effet apaisant sur Vincent.

LaGendron quant à lui devait recevoir en matinée les résultats préliminaires de l’autopsie et dirigerait la répartition de son équipe. Il fut confirmé qu’aucune pièce d’identité n’avait été retrouvée sur la victime ou sur le lieux, et pour le moment le cadavre taisait son identité. Vincent fut désigné comme  le « floating-man » pour la journée. Il fut entendu qu’il se rendrait au village voisin afin de recueillir des informations au sujet de cette vieille femme. Il s’y rendit en début de matinée.

Cette région forestière de la province comptait une multitude de petits villages bâtis sur le même schéma; une église encore pleine les dimanches, une caisse-populaire rénovée et presque trop belle, une petite épicerie dont le minuscule stationnement avant était bloqué par un pickup transportant un Quad tacheté de boue. Vincent se heurta à une porte verrouillée. Le commerce n’ouvrirait que dans une grosse demi-heure. Bien qu’encore peu expérimenté sur le difficile terrain des enquêtes, il savait d’instinct qu’il ne pourrait justifier facilement à LaGendron une attente non-productive pour cause de commerce rural fermé. Il se mit donc à chercher d’autres sources de renseignements en attendant. Lire la Suite…