Je n’ai jamais eu la chance d’être un hippie

Le premier moment m’imprègne. Depuis toujours, il me semble. Ma première impression, je m’y fis vraiment. Elle entre en moi, fait sa marque, s’accroche et persiste. Je lui voue une confiance inconditionnelle. La première impression, elle est la somme d’un paquet de facteurs qui s’adonnent à être là, présents et manifestant, enrobant la scène, traçant leur chemin jusqu’au fond de ma conscience.

J’ai toujours beaucoup apprécié les limites, les démarcations d’une histoire. Évidemment, tout ce qu’il y a entre le début et la fin est essentiel, pour donner de la couleur et de la texture à une aventure. Mais au final, c’est le début et la fin qui m’importe le plus. C’est vraiment à ces points cruciaux que l’action se passe.

Les débuts sont des occasions magiques à vivre, parce qu’ils nous projettent vers l’inconnu. On dit parfois que la vie nous fait prendre des tournants imprévus. Un début est un tournant, et avoir la chance de tourner dans notre existence présente est un cadeau que je chéris immensément. Le rectiligne, c’est ennuyant.

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Il y a de ces débuts qui nous semblent durer une éternité. Encore ce soir, tandis que j’écris ces mots, je ressens qu’il y a quelques débuts qui trainent en moi depuis longtemps. Eux et moi partageons une belle complicité: on n’a pas envie de se laisser. Et on continue à débuter ensemble, comme de nouveaux amis. On y prend goût encore.

Il y a d’autres débuts qui nous laissent un goût amer. En vieillissant toutefois, avec un peu de recul et la tentative d’exercer une sagacité bien à nous, on apprend à faire la paix avec eux, et à les apprécier pour ce qu’ils nous ont appris. À l’occasion, on leur en veut encore, bien sûr. Mais on s’habitue à se pardonner, et l’on s’efforce à se rappeler qu’on est qu’humain, après tout.

Il y a des débuts qui n’ont jamais débuté. Ceux-là sont ceux qui sont les plus farouches. Ils ne se laissent pas prendre facilement. Des fois, c’est juste plus simple de se les imaginer comme on le souhaite. Un début à notre goût, absolument parfait. Ça peut être le début d’une histoire inventée, un faux souvenir qu’on arrive presque à croire parce qu’on souhaiterait tant qu’il soit vrai. On voudrait qu’il fasse partie de notre histoire, en sommes.

Ça peut être une rencontre qu’on n’a jamais eue. Un succès sportif qui nous a échappé pour une raison hors de notre contrôle. Ça peut être ce bus à destination d’Orange County, que l’on prend par un beau samedi matin d’avril ‘72, la guitare sur le dos et le jeans rapiécé, les cheveux bien accotés sur notre bandeau fleuri, parce qu’on a simplement envie de voir du pays et de jouer de la musique avec des inconnus.

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About Denis St-Michel

Sympathique gaillard, programmeur et écriveux à temps perdu ;-)

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