L’incroyable histoire du jeune garçon qui s’endormit sous un arbre et qui se prénommait Arthur.

Récemment mon fils me demanda de lui inventer une autre histoire, qui aurait rapport avec son école. Je n’avais pas inventé de nouvelle histoire depuis fort longtemps, et je m’efforçai donc de trouver quelques idées. Le résultat est cette histoire d’un petit garçon prénommé Arthur et qui avait de la difficulté en mathématiques. Bonne lecture!


Cette histoire est l’histoire d’un garçon prénommé Arthur et qui avait 12 ans. Il était en sixième année. C’était vers la fin de l’année scolaire. Arthur était un petit garçon bien normal, mais il était extrêmement timide. Si timide en fait, qu’il n’avait pas vraiment d’ami, car il était trop gêné. Les autres enfants à l’école ne l’écœuraient pas vraiment; au contraire, la plupart de ses camarades  de classe l’aimait bien. Arthur était sympathique, toujours gentil et attentionné avec les autres. Mais il était du type solitaire. Il lui arrivait à l’occasion de jouer avec d’autres enfants, durant la récréation ou les périodes de jeu. Mais dès qu’il en avait l’occasion, il se retirait un peu à l’écart, car il préférait jouer seul. Cette solitude faisait bien de la peine à ses parents. Ils auraient bien aimé recevoir son meilleur ami à la maison, ou organiser ses fêtes d’anniversaire avec quelques enfants. Mais Arthur était bien trop timide pour avoir un meilleur ami ou faire une liste d’invités.

Avec la fin de l’année scolaire qui arrivait, Arthur se préparait pour ses examens finaux. L’an prochain, il entrerait au secondaire, et cela le stressait quand même beaucoup. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Arthur performait bien à l’école. Que ce soit en français, en anglais, en musique ou en éducation physique, il arrivait à obtenir de très bonne note. Une seule matière lui causait de sérieux problèmes : les mathématiques. Il avait beau étudier, lire ses cahiers, faire et refaire ses exercices et ses devoirs, il ne parvenait pas à avoir de la facilité avec les chiffres. Ses parents l’épaulaient bien pourtant. Chaque soir, son père ou sa mère passait du temps avec lui afin de lui donner des trucs, de l’aider, de lui donner confiance. Mais cela ne donnait pas les résultats souhaités. Alors voilà qu’Arthur anticipait l’examen final de mathématiques avec beaucoup de crainte.

Mais une autre chose qui stressait Arthur concernant son entrée au secondaire était le déménagement. Car ses parents avaient vendu leur maison, et toute la famille déménagerait à l’automne dans un nouveau quartier, dans une autre ville, et Arthur entrerait au secondaire dans une nouvelle école. Rien de tout cela n’était très rassurant.

La nuit précédente  l’examen final de mathématiques fut très mouvementée pour notre cher Arthur.  Vous imaginez bien à quel point il fut difficile pour lui de s’endormir. Le sommeil le gagna tard dans la soirée, et il ne cessa de se tourner et se retourner pendant la nuit. Ses couvertures furent rapidement entortillées autour de ses chevilles, et le demi-sommeil dans lequel il se trouvait l’empêchait de faire le nécessaire pour se débarrasser de ces liens. Il dormit donc tout croche, à moitié prisonnier de  son lit. Il se réveilla finalement de très tôt matin, encore plus fatigué que la veille. Il était à peine quatre heures et le soleil ne pointerait ses rayons que dans de longues minutes.

Arthur se leva. Ses parents, que le cadran et la routine du travail avait déjà mis debout, préparaient le petit déjeuner en écoutant les nouvelles à la radio et s’étonnèrent de trouver Arthur éveillé et habillé. Mais leurs tentatives pour le faire manger échouèrent. Rien ne pouvait entrer dans l’estomac noué d’Arthur. Il avait la poitrine dure comme du ciment. Même un simple verre d’eau eu de la difficulté à se frayer un chemin dans sa gorge serrée. Ses parents n’osaient pas montrer qu’ils étaient inquiets eux aussi. Après tout, si Arthur devait échouer son examen de mathématique, il y avait de forte chance pour qu’il redouble son année. Arthur ne le savait que trop bien. Ne tenant plus en place, il sourit tristement à ses parents, puis leur annonça qu’il irait à l’école à pied, et passerait par le parc Beauchesne afin d’aller relaxer un petit peu.

Le parc Beauchesne était un beau grand parc, avec une fontaine au centre et plusieurs grands chênes entourant celle-ci. De nombreux banc parsemés ici et là offraient aux travailleurs et passant un endroit calme où se détendre et prendre un peu d’ombre durant les chaudes journées d’été. En plein jour, le parc grouillait de vie, humains, oiseaux et écureuils formant un tout harmonieux. Mais à cette heure hâtive du matin, le parc était tout calme. Les rues avoisinantes n’étaient pas encore peintes des couleurs des bruits de la ville. Dans les maisons, les couples se levaient, les ados trainaient dans leur lit, les poupons braillant arrachaient les quelques dernières minutes de sommeil bien mérité à leur mère.

La fontaine du parc était ceinturée d’un petit muret. Arthur s’y accota, les bras passés derrière sa nuque, et regarda le ciel qui s’éveillait lentement. La température était clémente, et à ce temps-ci de l’année, à l’approche du solstice d’été, le ciel étaient déjà d’un bleu pâle prometteur de beau temps. Arthur voyait très bien les feuilles grandes et vertes du chêne, flottant légèrement dans le vent sous la voute céleste. Il expira bruyamment, comme pour tenter de chasser les peurs et les craintes qui l’envahissaient. Il réussit à se calmer un peu, et ce fit prendre au jeu du même coup. Sans s’en apercevoir, inconsciemment, il se mit à compter les feuilles de l’arbre. Par groupe de deux, puis de trois, puis de cinq. Il se mit à en faire des formes géométriques. Les additionna, les divisa, fit des diagrammes de Sven avec les branches. Il clignait des yeux. Puis baillât. Puis s’étira. Et vous l’aurez deviné, notre cher Arthur s’endormit profondément, le visage toujours pointé vers le ciel. Et ses inquiétudes pendant qu’il dormait ainsi, paisiblement, s’enfuirent au loin.

Mais voilà que les bruits de la ville le rattrapèrent, et il fut réveillé par des bruits de klaxon. Notre ami n’avait pas de montre, ainsi il arrivait mal à savoir combien de temps il avait dormi comme ça, dans le parc. Toutefois, en regardant à nouveau le ciel, il s’aperçut que le soleil avait déjà bien entamé sa course vers le sud, et il comprit du coup qu’il était déjà très en retard pour son examen. Il ramassa hâtivement son sac et sa boite à lunch, traversa le parc à toute vitesse  et courut jusqu’à l’école.

La cour était vide et silencieuse. Arthur comprit qu’il était très en retard. Après avoir tenté en vain d’ouvrir la porte donnant sur le vestiaire de sa classe, il se dirigea rapidement vers la porte des maternelles. Mais celle-ci également était barrée de l’intérieur. Notre pauvre Arthur dût donc se résigner à entrer par la porte principale, celle là même qui donne sur le bureau de la directrice et du secrétariat. Après avoir honteusement raconté son infortune à la secrétaire, celle-ci lui fit regagner sa classe. Arthur arriva, tout penaud, et sous le regard sévère et déçu de son professeur, pris place à son pupitre. Son professeur le pressa de s’activer; il ne restait qu’une demi-heure à l’examen. Arthur était à nouveau découragé.

Il prit sa feuille d’examen. Celle-ci était écrite en chinois. Il retourna la feuille, de gauche à droite, de bas en haut, recto-verso, à l’envers comme à l’endroit, il n’y comprenait rien. Il refoula difficilement les larmes qui voulait naître au coin de ses yeux, il resserra les lèvres pour ne pas que la classe entière n’entendent son profond désarroi. Paniqué, et assuré cette-fois qu’il échouerait bel et bien son examen de mathématique, résigné à redoubler sa sixième année, Arthur fit alors quelque chose de tout à fait inattendu.

Il croisa ses bras derrière sa tête, allongea les jambes sur son pupitre, pencha sa tête vers l’arrière et pensa à la fontaine du parc Beauchesne qu’il venait de quitter il y a de cela quelques minutes à peine. Un avertissement bruyant du professeur lui fit remettre les pieds sur le sol, mais il garda néanmoins les yeux fermés. C’était sa façon à lui de se calmer, d’éviter de se mettre à pleurer devant toute la classe. En pensant profondément au parc, au bruit doux de l’eau qui barbotte, à la fine caresse du vent sur son visage, il parvenait ainsi à se détendre.

Cinq minutes avant la fin de l’examen, le professeur encouragea les élèves à se hâter. Arthur se résigna à regarder une fois encore sa feuille d’examen. Et là, un véritable miracle se produisit. Comme s’il était subitement éclairé par un esprit de génie, il comprit immédiatement toutes les questions d’examen. Il prit son crayon et le lança à toute vitesse sur le papier. Il écrivait vite notre Arthur! En quatre minutes, son examen était complété. Il ignorait s’il avait réussi ou pas, mais il avait néanmoins  inscrit une réponse à toutes les questions. Il déposa sa feuille sur le bureau du professeur, celui le dévisageant d’un regard surpris et interrogateur.

Les résultats de l’examen toutefois ne seraient reçus que plusieurs jours plus tard, par la poste. Et lorsqu’enfin le bulletin parvint au domicile d’Arthur, son père et sa mère le convoquèrent à la table afin d’examiner les résultats. Aucune surprise du côté des notes de français ou d’anglais. Il y excellait, comme toujours. En musique et en éducation physique, Arthur se débrouillait très bien aussi. Mais Arthur était nerveux, anxieux de connaître son sort face à l’examen de mathématiques. Mais alors que son père s’exclamait de joie et que sa mère lui fit le plus gros des câlins de fierté qu’il n’avait jamais reçu, il prit du bout des doigts le bulletin et y vite sa note de mathématique. 100%. Pas une seule faute à son examen. Un résultat inespéré qui ne tenait que de la magie!

Arthur et sa famille déménagea comme prévu quelques jours avant la rentrée scolaire. Arthur arriva dans sa nouvelle école, et fidèle à lui-même ne se fit pas beaucoup d’ami; la solitude était encore et toujours sa plus fidèle compagne.

Mais un jour qu’il revenait de l’école, son père et sa mère le firent venir dans la cour arrière; une surprise de taille l’attendait. Ses parents étaient si fiers de sa réussite, qu’ils avaient fait construire une petite fontaine, encerclée d’un petit muret. Ils avaient également planté un jeune chêne, encore chétif mais prometteur, juste à côté de celui-ci. Ils savaient à quel point le parc Beauchesne manquait à leur Arthur. Et chaque matin de la belle saison, Arthur se levait un peu plus tôt, déjeunait, puis allait s’étendre dans sa cours, sur le muret de la petite fontaine. Et il pensait au parc Beauchesne. Et il se sentait bien. Et depuis ce jour, jamais plus il n’eut de problèmes en mathématiques.

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  1. 5 idées de romans « chapitre/un - 6 septembre 2011

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