Une première retrouvaille

Au cours de notre vie, nous vivons sans cesse des moments de retrouvailles. Certaines font partie de notre quotidien. Chaque lundi matin, nous retrouvons les mêmes collègues et le même environnement, après la pause du week-end. Ces retrouvailles-là sont pour certains une simple bribe du quotidien, et l’on y accorde souvent que peu d’importance. Pour les enfants, les retrouvailles du lundi matin avec ses amis d’école sont un moment attendu. Dommage que cela se perde avec l’âge dans certains cas.

Il y a les retrouvailles qui se passent à des moments prédéterminés, comme les retrouvailles postsecondaires aux dix ans. Au fil des répétitions toutefois, moins nombreux sont ceux qui s’y rendent, et les quelques irréductibles assidus font vite le tour des dernières nouvelles. Ces dernières ont un goût de réchauffé, et le plaisir s’estompe à se les partager.

Il y a de ces retrouvailles, plus rares, qui surviennent un peu à l’improviste, sans qu’on s’y soit attendu. Un vieil ami rencontré par hasard à la sortie d’une station de métro. Quelques souvenirs du CÉGEP, deux trois fous rires, et on se sépare à nouveau en se trouvant bien choyé d’avoir eue la chance de se revoir, quelques minutes, dans cette grande ville abritant des millions d’êtres humains.

Certaines retrouvailles peuvent faire peur. Les retrouvailles de réconciliations par exemple. Qu’elles soient d’ordre familial, amicales, amoureuses ou professionnelles. On se demande comment les autres réagiront. Auront-ils mis de l’eau dans leur vin? En auront mis assez nous-mêmes? Ce sont parfois des retrouvailles auxquelles on va un peu de reculons, presque obligées, par convenances ou pas simple sens du devoir. En d’autres circonstances, on fonce tête baissée, sans peser le pour et le contre de notre démarche, prêt à frapper un mur… ou à le défoncer.

Certaines retrouvailles revêtent un cachet particulier lorsque la joie de revoir certains visages se fait sentir encore plus grande que l’expectative. Hier, j’ai eu le bonheur de vivre l’une de ces retrouvailles avec des cousins et cousines que je n’avais pas vus depuis plus d’une trentaine d’années. La plupart plus âgés, ils ont maintenant comme moi une famille et des enfants. Certains d’entre eux sont de parfaits inconnus pour moi. C’est le cas de deux de mes cinq petits cousins d’origine suisse. On ne se connait évidemment pas, sauf par nom, car nous avons été mentionnés les uns et les autres au cours de nos vies respectives dans une quelconque conversation avec des membres de la famille étendue.

Moi qui aime tant les premières fois dans tout, ces retrouvailles m’ont donc donné l’occasion de faire connaissance avec une branche de ma famille avec laquelle j’ai eu et j’aurai très peu de contacts. Mais avec l’ère des communications électroniques dans laquelle nous vivons, nous avons tous les outils pour nous permettre d’entretenir ces nouvelles amitiés, afin que les prochaines retrouvailles, l’an prochain, soient bonnes et belles à nouveau. Cette fois-ci, avec un peu moins de surprises, mais une attente agréable, une excitation toute nouvelle à serrer tant de mains et à recevoir tant de bises, par groupe de trois, comme on fait en Suisse.

IMG_0231-2

 

Sa première guitare

Lorsque j’ai vu ma nièce de dix ans tenir sa petite guitare rose pour la première fois devant moi, j’ai éprouvé une fierté certaine. Mon ego, cet être

Pink Guitars

Pink Guitars (Photo credit: david.nikonvscanon)

insatiable, a pris le dessus, quelques minutes. J’étais, pour elle, l’oncle musicien, celui qui joue de la guitare. Elle ne sait pas encore que je ne fais que gratouiller, mâchonnant quelques accords appris il y a deux décennies.

Quelques explications plus tard, et ses petits doigts tout frêles façonnaient quelques notes. Une montée do-ré-mi, suivie de la décente du même type. Encore la montée, encore la descente, puis le sourire. Elle a un beau sourire, ma nièce. Un sourire que je ne vois pas assez souvent.

Pour elle, c’était la première fois qu’elle « jouait » de la guitare, même si en fait, elle l’avait gratté à sa façon avant ma visite. Depuis, chaque fois que je la visite elle et sa famille, elle va chercher sa guitare, me demande gentiment de m’asseoir avec elle dans les escaliers pour lui apprendre à jouer de petits airs. Elle a les yeux tout ronds, jolis et attentifs à mes moindres instructions. Pendant que son frère et mon fils se courent après et imitent des bruits d’explosions et de moteurs, elle et moi vivons un beau petit moment rien qu’à nous.

Je souhaite qu’elle développe le goût de la musique, qu’elle en fasse une passion, qui sait! Et si c’est le cas, elle se rappellera peut-être ses premières fois, assis dans des escaliers avec son vieux mononcle aux cheveux grisonnants!

Je n’ai jamais eu la chance d’être un hippie

Le premier moment m’imprègne. Depuis toujours, il me semble. Ma première impression, je m’y fis vraiment. Elle entre en moi, fait sa marque, s’accroche et persiste. Je lui voue une confiance inconditionnelle. La première impression, elle est la somme d’un paquet de facteurs qui s’adonnent à être là, présents et manifestant, enrobant la scène, traçant leur chemin jusqu’au fond de ma conscience.

J’ai toujours beaucoup apprécié les limites, les démarcations d’une histoire. Évidemment, tout ce qu’il y a entre le début et la fin est essentiel, pour donner de la couleur et de la texture à une aventure. Mais au final, c’est le début et la fin qui m’importe le plus. C’est vraiment à ces points cruciaux que l’action se passe.

Les débuts sont des occasions magiques à vivre, parce qu’ils nous projettent vers l’inconnu. On dit parfois que la vie nous fait prendre des tournants imprévus. Un début est un tournant, et avoir la chance de tourner dans notre existence présente est un cadeau que je chéris immensément. Le rectiligne, c’est ennuyant.

600px-Psychedelic_dingbats

Il y a de ces débuts qui nous semblent durer une éternité. Encore ce soir, tandis que j’écris ces mots, je ressens qu’il y a quelques débuts qui trainent en moi depuis longtemps. Eux et moi partageons une belle complicité: on n’a pas envie de se laisser. Et on continue à débuter ensemble, comme de nouveaux amis. On y prend goût encore.

Il y a d’autres débuts qui nous laissent un goût amer. En vieillissant toutefois, avec un peu de recul et la tentative d’exercer une sagacité bien à nous, on apprend à faire la paix avec eux, et à les apprécier pour ce qu’ils nous ont appris. À l’occasion, on leur en veut encore, bien sûr. Mais on s’habitue à se pardonner, et l’on s’efforce à se rappeler qu’on est qu’humain, après tout.

Il y a des débuts qui n’ont jamais débuté. Ceux-là sont ceux qui sont les plus farouches. Ils ne se laissent pas prendre facilement. Des fois, c’est juste plus simple de se les imaginer comme on le souhaite. Un début à notre goût, absolument parfait. Ça peut être le début d’une histoire inventée, un faux souvenir qu’on arrive presque à croire parce qu’on souhaiterait tant qu’il soit vrai. On voudrait qu’il fasse partie de notre histoire, en sommes.

Ça peut être une rencontre qu’on n’a jamais eue. Un succès sportif qui nous a échappé pour une raison hors de notre contrôle. Ça peut être ce bus à destination d’Orange County, que l’on prend par un beau samedi matin d’avril ‘72, la guitare sur le dos et le jeans rapiécé, les cheveux bien accotés sur notre bandeau fleuri, parce qu’on a simplement envie de voir du pays et de jouer de la musique avec des inconnus.

Partager des cerises au son d’une guitare et changer de vie

Félix n’avait pas eu l’intention de quitter son boulot, ce matin-là. C’était en fait un vendredi matin comme il s’en faisait plein, tout au long de l’été. La température était clémente, le ciel bleu et prometteur. Les voitures, pareilles comme la veille, filaient sur le boulevard, un peu trop pressées. La ville se réveillait au son des petits moineaux. Sur son Bixi, Félix se déplaçait doucement, tenant le guidon de sa main gauche tandis que de la droite il croquait allègrement dans sa Granny-Smith. Son sac à bandoulière et sa casquette de polonais lui donnaient un air désinvolte qui lui faisait comme un gant.

Il avait à peine terminé sa pomme lorsqu’il aperçut cet homme, assis sur la pelouse, la guitare à la main. Instinctivement, Félix s’arrêta; l’homme avait l’air mort. Ou peut-être ivre mort. Qui sait. Le corps à moitié en équilibre contre le tronc du gros érable, son chapeau de cowboy usé lui masquant les yeux. Ses pieds nus étaient sales et malades. Félix s’approcha un peu plus. L’homme s’éveilla en émettant un grognement grotesque, émergeant d’un sommeil trop mauvais. Il aperçut Félix qui le dévisageait, puis son visage s’illumina. Félix trouva qu’il avait de beaux yeux, rieurs, allumés.

Dans un français mâchouillé et pâteux, l’homme lui proposa:

– « T’aurais pas des cerises ou des pêches, j’ai faim! Je te jouerai ce que tu veux si tu en as! »

Il adonnait justement que dans son sac  Félix avait un sac de cerises de première qualité. Charmé par cette rencontre inattendue, il se débarrassa du Bixi, alla s’asseoir dans l’herbe près de l’homme et partagea ses cerises avec lui. Les deux hommes vidèrent le sac, et le joual de guitare lui raconta qu’il était d’origine péruvienne. Il avait immigré ici il y a deux ans et n’avait pas trouvé de travail. Tout ce qu’il avait était sa guitare. Il se promenait de parc en parc le matin, s’étant fixé comme but de faire le tour de tous les parcs de Montréal.

– « Ensuite, je retournerai chez moi et je raconterai ça à mes amis ».

Sa simplicité toucha Félix.

– « Tu me plais mon ami! Je vais t’accompagner pour le reste de tes  parcs! Montréal peut se passer d’un architecte.  »

Félix prit son cellulaire, laissa un message à son patron. Comme ça, sur un vrai coup de tête. C’était la première fois de sa vie qu’il se laissait aller à prendre une décision aussi importante uniquement par instinct. Il termina la tournée avec son nouvel ami, lui apportant chaque matin plusieurs bons fruits frais et nourrissants. Un an plus tard, il était de retour au travail, dans sa propre firme d’architectes qu’il avait mis sur pied. Son bureau était grand et bleu. De sa fenêtre, il avait une vue magnifique sur la ville, blanche et populeuse. Félix avait appris à la hâte l’espagnol. Il aimait Arequipa de toute son âme. Il s’y sentait chez lui, libre, heureux. Et chaque fois qu’il allait visiter Andrés et sa famille, il arrivait avec un petit sac de coquerets frais, qu’il partageait avec eux avec un grand plaisir sans cesse renouvelé.

 Image

Laver sa vaisselle sous un éclairage tamisé.

Sur l’autoroute 20 direction est, filant au même rythme que les réverbères stériles alignés sur le terre-plein central, il anticipe déjà ce que sera sa première soirée dans son nouvel appartement. Ces derniers mots le font sourire. C’est sans doute la seule fois dans toute sa vie que nouveau et premier signifient la même chose. Il conduit mécaniquement. Une envie étrange le tenaille. Il a envie de faire sa vaisselle. Il aurait eu le temps le matin même, avant de partir vers le West Island pour se rendre à son travail. Mais il avait eu cette intuition que faire sa vaisselle le soir serait une meilleure expérience.

Taken around the kitchen in Netherlands.

Il lui tarde de faire jouer The Police dans sa nouvelle chaine stéréo tandis qu’il remplirait le lavabo. Dans son esprit, tout cela était presque symbolique. Même s’il allait souffler ses vingt-et-une bougies dans quelques semaines, il ressent que ce soir-là sera en fait son premier soir de vie d’adulte. Seul avec un éclairage tamisé, il laverait ses quelques ustensiles laissés nonchalamment dans l’évier, son bol et sa soucoupe.

Sortant temporairement de ces rêvasseries, il se rend compte que son pied s’appuie trop lourdement sur l’accélérateur, et que sa voiture blanche prend un peu trop d’élan à son goût. Il corrige le tir, prends une grande respiration, ouvre davantage la fenêtre côté conducteur. Si la journée avait été belle et chaude, la fraicheur de la nuit fait maintenant bien sentir sa présence.  Septembre s’annonce beau, pense-t-il, et le ciel étoilé semble vouloir lui donner raison.

L’autoroute se change en boulevard, le boulevard en avenue, puis en rue. Sa rue. Il gare sa voiture, descend et prends le temps de marcher lentement. Il entre, ferme sa porte, dépose ses affaires sur le sol près de celle-ci, se déchausse. Il enlève aussi ses bas. Le contact du tapis sous sa plante de pied est bienfaitrice. Il avait toujours voulu avoir du tapis dans sa chambre lorsqu’il était plus jeune.
Il allume une lampe, puis la lumière de la hotte. Cette luminosité est parfaite. Il se décapsule une bière, sa première bière d’adulte, lui semble-t-il aussi. Il boit goulument, font pivoter les poignées du robinet, boit une autre gorgée, lentement cette fois. Il hume. Tout chez lui sent bon. Ça sent « chez lui ». Sa première nuit dans son premier appartement.
La vaisselle rangée, un bâillement de contentement accompagne ses pas vers la salle de bain. Sa toilette faite, fatiguée de sa journée, il s’allonge dans le noir, dans son nouveau lit qu’il a reçu le matin même. Il se sent bien. Et juste au moment où ses yeux vont abdiquer pour de bon, ses oreilles lui rappellent qu’il a oublié de faire jouer son CD des Polices. C’est merveilleux au fond, pense-t-il. Demain il y aura une autre première fois dans ma vie.

Créer des personnages

Lorsque j’entrepris de bloguer ici sur Chapitre/un, j’avais l’intention de documenter toutes ces idées d’histoires qui me passaient par la tête, dans le but avoué de les développer ultérieurement.

J’ai délaissé l’écriture depuis trop longtemps, et je me rends compte à quel point ça me manque d’écrire, d’inventer des histoires, de créer des personnages.

Les personnages, ce sont les moteurs de toutes les histoires. Si certains auteurs font de lieux leurs personnages principaux (Sarum, The Forest, Russka), ce qui me plait davantage est de créer des identités complète. Donner une vie, un passé, un vécu à mes personnages.

J’ai souvent dit que le chapitre un d’une histoire n’est pas nécessairement son commencement. Souvent, mon processus de création se met en oeuvre par la création d’un personnage. Je vois quelqu’un dans la rue, au restaurant ou sur le chemin vers l’école pour y chercher mon fils, et dans ma tête je m’en inspire pour imaginer l’acteur d’un chapitre ou d’un bout d’histoire. Puis, autour de ce personnage, je lui forge une vie, des souvenirs, et une histoire qui surgit.

Faire naître un personnage du bout des doigts, c’est un des grands plaisirs d’écrire. Si le personnage est attachant, on s’y accroche et on se l’imagine d’ores et déjà dans une foule de situations.

Si au contraire il ne m’accroche pas tant que cela, j’essaie d’en cerner la raison. Il y a du bon dans chaque personnage; il suffit de bien le cadrer. Tous les personnages ne peuvent pas être des héros. Il y a de ces personnages qui sont là, vivants pendant quelques pages, que pour ajouter de la texture ou de la couleur à l’ensemble. Ils sont aussi importants que les personnages principaux, même s’ils n’en tirent pas le mérite qu’ils devraient.

J’ai d’ailleurs toujours été fasciné par les scripteurs qui parviennent à insérer un personnage qui ne semble pas pertinent à la trame centrale de l’histoire, mais qui sert de colle et de lien entre tous les événements ou les personnages principaux. David Crane et Marta Kauffman sont deux auteurs exemplaires, qui ont su faire ce tour de force dans une centaine d’épisodes de la célèbre télé-série Friends.

J’ai souvent caressé le rêve de me créer une banque de personnages. Il me manque la discipline, mais je n’abandonne pas l’idée. Noter dans un répertoire les personnages qui passent par mon imagination. Leur donner la chance de se faire valoir. Les faire évoluer, chaque fois qu’une pensée me rapporte à eux.

Cette semaine, tandis que je me remettais à l’écriture sur une terrasse ensoleillée, une grande blonde qui passait par là m’a inspiré un personnage: une auteure menant une double vie. Cette auteure-là m’a donné un gros coup de pied au derrière pour me remettre à écrire! Et je suis déterminé à m’y remettre sérieusement maintenant, presqu’en courant! Merci!

Auto-publication

Tandis que je travaille toujours à mon premier roman «La meute», je me questionne sur où/comment je vais le

Amazon Kindle

Amazon Kindle (Photo credit: agirregabiria)

distribuer. Une chose est certaine dans mon esprit, je n’ai pas l’intention de suivre la parcours habituel qui consiste à soumettre mon manuscrit à des maisons d’éditions et à attendre longuement (patiemment ou non) quelque intérêt de leur part. Non pas que je n’ai pas confiance en mon histoire là!

Depuis les dernières semaines, je commence à vivre la joie d’en être à mon second edit. Mon histoire est solide, je crois. Toute la première partie, celle qui se passe dans les années 1800 a été réécrite et se trouve nettement enrichie. Je crois que mon récit se tient, qu’il est assez bien articulé. Encore, quelqu’un le lirait et pourrait dire que je me trompe. Mais j’aime bien mon histoire. J’aime ce qu’elle est devenue depuis les derniers mois.

Non, pour moi, l’idée d’auto-publier n’a pas besoin d’être débattue. Nous sommes en 2012, et je pense que c’est la voie à suivre. En plus, je ne vise pas à devenir riche avec ce que j’écris. C’est d’abord et avant tout pour moi une façon de m’exprimer, de me faire rêver et d’occuper mes soirées d’insomnie.

Depuis un an ou deux, il y a une foule d’options et d’opportunités pour que le commun des mortels puisse partager ses écrits avec la planète entière. En 2009 j’utilisais les services de lulu.com pour auto-publier «Sur un vieux banc». Mais depuis, il y a un bon nombre d’autres joueurs qui ont vu la tendance se dessiner et qui ont sauté à pieds joints dans l’aventure de l’auto-publication. Le nom qui me vient immédiatement en tête est Amazon. Le géant, en plus de fournir tous les outils électroniques nécessaires pour faire de notre livre une réalité, nous fait bénéficier de son immense plateforme de distribution. Et ce point là est vraiment très intéressant. Avec un minimum d’effort, mon livre pourrait être distribué partout dans ce vaste réseau.

Ce n’est pas rien! Je suis de plus en plus intéressé à publier avec leur système. Leur plateforme a l’air simple et bien construite. Ils fournissent des modèles de documents, beaucoup de textes explicatifs sur la façon de faire notre mise en page, et beaucoup plus encore. Leur programme de royalties est aussi compétitif par rapport à leurs concurrents.

Je me suis récemment procuré un Kindle, la petite tablette magique de lecture de livres numériques d’Amazon. Non pas le Kindle Fire, la tablette visant le marché du iPad. Juste le modèle le plus simpliste de livre numérique. Pour un gars comme moi qui vit sa semaine en entier dans le numérique, cette addition à mon iPod et mon iPad était la pièce maitresse qui me manquait.

Du coup, publier sur la plateforme Kindle me semble la suite logique.

Mais l’auto-publication ne s’arrête pas là. S’auto-publier signifie aussi devenir responsable de la promotion de son oeuvre. J’ai réfléchis à ce point. Bien qu’une maison d’édition traditionnelle possède l’expertise et l’expérience de faire la promotion des livres qu’elle publie, je ne crois pas qu’elle pourrait faire grand chose de plus pour moi. Je ne remets pas du tout en cause la compétence! C’est seulement que je ne suis pas connu. Et à moins d’écrire un chef d’oeuvre hors-du-commun, je ne représente pas la poule aux oeufs d’or pour eux.

Qui connaît mon histoire mieux que moi-même? Qui peux en parler avec passion? Et puis, dans tout cela, il ne faut pas oublier le plaisir. Je crois que j’éprouverai beaucoup de satisfaction et de plaisir, de contentement de soi, lorsque j’aurai vendu, par mes propres moyens, un premier exemplaire à une étrangère personne.

J’aurai aussi certainement beaucoup de plaisir à créer une page web, comme celle que j’ai fait pour «Le tueur à gages».

On verra bien. Pour le moment, je dois continuer à écrire. Parce que s’auto-publier c’est bien beau, mais je ne veux pas auto-publier n’importe quoi quand même.

Et vous, avez-vous eu de bonnes / mauvaises expériences avec les maisons d’édition traditionnelles? Que pensez-vous des plateformes d’auto-publication? J’aimerais beaucoup avoir vos commentaires!

De la nécessité de réécrire

English: Wolf Pack, Innoko National Wildlife R...

Wolves packs - Image via Wikipedia

Avant d’entreprendre l’écriture du «Tueur à gages» à l’automne dernier, je travaillais sur une version plus étoffée de «La meute», avec laquelle j’ai bien l’intention d’en faire un roman respectable. Au cours de l’été passé, j’ai travaillé principalement à ajouter beaucoup de profondeur au personnage principal, notamment en lui créant un passé, une histoire, dans le but que son vécu puisse justifier sa personnalité présente, tel que le coeur de l’intrigue nous la présente.

Bertrand Lagendron, le détective qui mène l’enquête sur la mort mystérieuse d’une femme dans son chalet, se vouait, étant jeune, à une vie bien tranquille dans les ordres catholiques, comme prêtre d’abord, puis qui sait ensuite où son dévouement l’aurait élevé.

Mais des événements particuliers l’ont plutôt lancé dans l’aventure, et sans le savoir à ce moment, il prenait goût au travail d’enquête et de recherche qui ferait plus tard de lui un détective émérite.

Fort de cette idée pour améliorer mon histoire, j’écrivis pas mal pendant l’été, en combinant mes séances d’écriture avec de courtes périodes de recherches et de documentation. J’agrémentai donc ainsi la ligne directrice de mon histoire avec une histoire parallèle. J’en profitai aussi pour réécrire complètement l’un des passages qui se passe dans les années 1800. En sommes, j’étais très satisfait de la tournure que prenais mon histoire, qui originellement n’était qu’une courte nouvelle séparée en sept jours, écrites à la hâte pour l’Halloween 2010.

Déséquilibre

Je commençais vraiment à aimer mon histoire; elle se structurait mieux, donnait de la profondeur au personnage principal et mettait la table à un scénario plus poussée, mieux étayé et traversant plusieurs époques. Puis, à l’automne j’entrepris le Nanowrimo et délaissai complètement «La meute». Cette semaine, j’en fis une lecture complète, dans l’état où je l’ai laissé à l’automne.

*OUCH!

Je constatai le déséquilibre entre ce que j’avais  ajouté, à tête reposée,  et les parties qui furent rédigées en 2010 « juste comme ça pour le fun ». Moi qui  croyais (naïvement)  m’approcher d’une version proche d’une révision finale, la claque a été dure. En même temps, j’aurais dû m’attendre à cela. En prenant une approche plus sérieuse pour imaginer puis écrire les ‘ajouts‘, le résultat se devait d’être meilleur.

Se retrousser les manches

Au bout du compte, je suis content de cet exercice. Ça va me forcer à retravailler les parties originales de l’histoire, pour les élever au niveau du reste, de l’histoire parallèle, de l’univers de Lagendron que j’ai créée lors des derniers mois ; cette portion est issue d’une bien meilleure plume, selon moi. J’ai vraiment la motivation d’y arriver, et alors je pourrai être fier d’avoir réussi, non seulement à améliorer une nouvelle, mais aussi à avoir réussi à donner vraiment vie au personnage principal. Sans compter que ce travail m’a permis d’améliorer encore davantage mon style d’écriture.

Mais d’ici là, le travail reste colossal, et l’histoire prends une dimension bien plus complexe que ce que j’avais imaginé d’abord. Et c’est bien parfait ainsi, parce que de surprise en surprise, c’est ce que j’aime et c’est ce qui me motive à continuer d’écrire! Je me rends compte à travers cela que cette réécriture enrichie constamment mes personnages, et les contextes dans lesquels je les fais évoluer.  Par exemple, je n’avais jamais envisagé qu’un ou plusieurs de ces personnages policiers puisse se retrouver dans un autre contexte, avec d’autres aventures et entourés d’autres personnages secondaires. Voilà que par cette réécriture forcée, je me laisse aller à imaginer de tels scénario, et je peux vous le dire, c’est extrêmement stimulant!

Une bonne bouffée de fraîche inspiration.

Hier soit avait lieu le souper de Noël du bureau. En attendant les entrées, mes collègues et moi nous sommes mis à parler des enjeux qui nous préoccupaient, profitant de cette ambiance pour partager sans censure nos idées sur la planification de notre travail et sur nos tâches en général. De fil en aiguille, l’un de mes collègues me parle d’un livre. Je connais de nom le livre, je connais les auteurs car ce sont des gens techniques qui ont une philosophie de travail à laquelle j’adhère complètement. Cette boîte a publié plusieurs livres et livres électroniques, et je possède l’un deux, que j’avais eu gratuitement en m’abonnant à leur blog.

Excité à l’idée de partager sa connaissance du livre, il prend deux minutes et vas le chercher dans son auto. Lire la Suite…

Nanowrimo 2011: décollage réussi!

Hitman

«Je m’appelle Mathieu, et je suis un tueur à gages. Je m’appelle aussi Steve, Patrick, Rashim, Mark, Thomas, Abdul, Silvester ou Audrey s’il le faut. Je suis le meilleur tueur à gage de tous les temps.»

J’en avais parlé un peu cet été. Maintenant c’est chose faite, je participe au Nanowrimo 2011, cette course folle où l’objectif est de rédiger une ébauche (draft) de 50,000 mots d’un roman en 30 jours.

J’avais essayé de me pratiquer au moi de mai dernier, et mon résultat avait été lamentable. Moins de 18,000 mots en 30 jours. Il faut dire que je testais cela sur une histoire déjà en cours. L’imagination n’était pas au rendez-vous, car je me cloisonnais dans un décor trop familier.

Maintenant c’est différent. Mon histoire est dans ma tête depuis au moins deux ans. Et me voilà à en jeter les premiers jets sur l’écran de l’ordinateur.

Nous sommes le 3 novembres, et mon total de mot est passé la barre des 8,000. Ça va très bien jusqu’ici. Durant le mois d’octobre, je me suis préparé. J’ai construit un blueprint de mon histoire, avec un titre pour chaque scène. Je me suis fait des points de repères, mais je n’ai pas voulu trop expliciter les personnages, les scènes, les lieux: je voulais laisser le droit à mon imaginaire de vagabonder.

Il parait que la deuxième semaine du Nanowrimo est la plus difficile: découragement, blocage, fatigue, etc. On verra bien. Une chose certaine, je n’ai complété que 3 de mes 50 scènes planifiées. Si je ne perds pas courage, je suis bon pour un draft d’au moins 80,000 mots.

Et en décembre, je ne voudrai certainement ni lire ni écrire, j’aurais certainement une écoeurantite aigue! Mais ça en aura valu la peine!

À suivre!